Quand Fabrice parle à Raymond… (le dernier « Nicolino »)

vastemerdierUn beau matin, Fabrice Nicolino a croisé sur son chemin un certain Raymond, paysan né en 1924 à l’endroit où il a pu, disons quelque part dans notre belle France. Et il s’est mis en tête de lui parler à coeur ouvert, par écrit. Ça a donné un livre :
LETTRE À UN PAYSAN SUR LE VASTE MERDIER QU’EST DEVENUE L’AGRICULTURE
(aux Éditions Les Échappés)

Il lui a parlé de son métier, de l’agriculture… qui n’est pas seulement le métier de Raymond puisqu’elle nous concerne tous. De l’agriculture depuis – soyons précis – 1881. Ça n’est pas bien loin. C’était hier. C’était pourtant un autre monde.En 134 ans, une poignée de secondes, tout ou presque a changé. Et Raymond, qui écoute Fabrice lui conter l’histoire des paysans et de leur prise en otage par l’industrie au fil des décennies, ne répond rien mais son silence est dense et on sent bien qu’il est tout déboussolé par ce nouveau monde, même s’il s’y est plié.

Bon ! On ne va pas vous raconter le bouquin. On vous laisse découvrir… et déguster. L’humour est décapant, la plume est belle. Révolte. Tristesse. Espoir. Ben oui : c’est du Nicolino ! Et puis, comme dans tous ses livres politiques, une mine mais alors ce qui s’appelle une mine d’informations. De quoi réfléchir et éventuellement pouvoir clouer le bec à qui l’a bien mérité.

Allez ! Juste, en guise d’apéritif :
« Le ministère de l’Agriculture, concubin notoire de l’industrie, a vite trouvé en la FNSEA son interlocuteur essentiel, le seul capable de faire accepter aux paysans leur suicide collectif. […] Comme on aurait dit dans le 1984 d’Orwell, la mort c’est la vie. Et l’étable, c’est une usine. Et la vache, c’est un pas de vis doublé d’un engrenage. Depuis soixante-dix ans, la FNSEA est associée de très près à toutes les décisions prises au sujet des paysans.[…] Si tu connais un autre syndicat à ce point attaché à la mort de ses mandats, Raymond, fais-moi signe. »

Envie de le lire, hein ? Allez vite… chez le libraire !