La violence de l’humanisme

Humanisme« La violence de l’humanisme » (Éditions Calmann-Lévy, avril 2014)

(pourquoi nous faut-il persécuter les animaux ?)

Patrice Rouget s’attaque ici  à l’un des plus grands tabous de notre société : l’humanisme. Ce mot, dont se gargarisent la plupart d’entre nous, toutes opinions politiques confondues, n’est pourtant pas anodin : il cache en réalité une véritable philosophie.

Si tous ou presque s’en réclament, c’est précisément parce qu’elle rassemble tous les humains autour d’une idée qui les flatte : celle de leur irrémédiable différence d’avec le reste du monde – en particulier d’avec les autres animaux. On aura compris que différence rime ici avec supériorité et qu’au nom de cette supériorité autoproclamée, tout est permis aux humains. À commencer par le meurtre des autres animaux.

De quoi rêve la société industrielle ? De transformer le monde pour le repeindre aux couleurs de l’humain, rien que de l’humain. Et ce massacre est à l’oeuvre.

Il y a, dans ce livre, du jamais dit. La « relation utilitaire », par exemple, qui définit « notre » relation actuelle au monde. « Le monde, dans sa totalité, acquiert ainsi un statut nouveau, celui d’une ressource, d’un stock disponible, entièrement et exclusivement dévolu à l’utilisation que l’homme saura en faire. » Sur ce point, les faux écologistes (gestionnaires de stocks) en prennent bien évidemment pour leur grade.

Patrice Rouget démontre parfaitement comment cette philosophie de l’extrême orgueil est responsable tout à la fois de la fin d’un monde autrefois savoureux et source de désir, et de « l’enfer » que les humains font vivre aux autres animaux « depuis si longtemps ».

Dès lors, si l’on souhaite changer de route, il nous faut d’abord jeter l’humanisme aux oubliettes !