La loi macron, au service des patrons et de la destruction planétaire

Ce qui compte, c’est d’agir. Peu importe ce que je fais. Quiconque est contre ce que je fais est pour ne rien faire. Refuser ma réforme, c’est refuser toute réforme.
Ce discours, que nous tient le gouvernement, c’est le même que tenait Margaret Tatcher lorsqu’elle était au pouvoir: « il n’y a pas d’alternative ».

Comme, de toute façon, disent-ils, on fera ce qu’on voudra, on veut bien débattre, mais juste pour la forme, décider d’un projet de loi en votant, c’est « jouer aux dés »(sic).
C’est le même discours que la droite de Sarkozy.

Pour le premier ministre et son banquier, c’est un projet « que les français plébiscitent ». Non seulement, Valls est hypocrite quand il utilise cet argument (qu’il « oublie » volontiers quand il s’agit, notamment, de la corrida), mais, sans vouloir être méchant, ça m’étonnerait fort que les sondés aient lu les 246 pages de ce projet de loi. Le minimum de démocratie, voudrait qu’au moins il y ait partout en France des lieux où on puisse en débattre. Ah zut, j’oubliais, pour le gouvernement, débattre, c’est stérile.

En 2008, Valls demandait la suppression du 49-3. En 2006, Hollande affirmait que le 49-3 était un déni de démocratie. Bon, ceci dit, c’est vrai qu’ils étaient dans l’opposition et que, comme dit la chanson « il vous promet tout rose/Mais quand il est élu/Ce n’est plus la même chose/Il vous tourne le cul »

La prochaine fois, je pense qu’il leur serait plus simple de légiférer directement par ordonnances !
…Au fait, comment ça s’appelle un régime où il n’y a pas la séparation entre le législatif et l’exécutif ?

Bon leur démocratie, c’est du virtuel. Ça on le sait tous depuis longtemps, mais ce texte, qu’ils tiennent tant à imposer à tout le monde , que contient-il donc ?

Un texte pour les patrons, contre les travailleurs
À la poubelle l’article 2064 du code civil ! Cet article considérait que le contrat de travail devait se faire dans le cadre du code du travail parce que conclu entre deux parties inégales : le patron qui dicte sa loi au salarié qui n’a pas trop le choix s’il veut manger. Le code du travail a donc pour but de pallier à cette inégalité.
Évidemment, ça ne plaisait pas trop aux patrons à cause de la notion de convention collective associée au code du travail. « Qu’à cela ne tienne », dit le gentil ministre, le doigt sur la couture du pantalon, « ne pleure plus, pauvre patron, on va te le supprimer fissa ». Sitôt dit, sitôt fait ! Si la loi Macron est adoptée, le contrat de travail deviendra comme n’importe quel contrat entre deux parties réputées égales (exactement ce que demande le Medef).
Bien sûr, il y aura toujours des extrémistes pour prétendre que cette chômeuse qui croule sous les dettes et risque de se trouver à la rue avec ce gosse qu’elle ne peut plus nourrir, que cette chômeuse donc, ne peut pas traiter d’égal à égal avec ce PDG bourré de pognon, qui sait qu’il y a des millions d’autres chômeurs et qu’il peut compter sur l’armée de flics que le gouvernement ne manquera pas d’utiliser en cas de besoin contre cette même chômeuse si elle venait à tenter de changer cette situation.

Ça c’est pour le contrat de travail, mais attend, ce n’est pas tout, tu vas voir ce que les socialos appellent « lever les blocages » : les prud’hommes, ce truc poussiéreux défendu par des attardés qui veulent protéger le faible contre le puissant, on va te le virer vite fait, parce que tu comprends, ça empêche les patrons d’imposer leurs conditions.
On apprend, dans le chapitre II intitulé « Droit du travail » que les sanctions contre les patrons qui enfreignent le droit du travail seront, comment disent-ils déjà ? Ah oui, « modernisées », c’est-à-dire adoucies, puisque, après une phase de mise en demeure (c’est pas bien, ce que tu fais là, méchant patron, attention, on va sévir), il y aura une phase d’avertissement (attention, je vais me fâcher), suivie elle-même d’une phase contradictoire (considérons ensemble que tu as peut-être de bonnes raisons de ne pas respecter le droit du travail. Si oui, on passe l’éponge). Toutes ces phases pour que « la sanction soit le dernier recours ». Il est bien entendu que pendant ces phases, la répression patronale peut continuer et comme ce sera l’administration (c’est-à-dire l’état, ce grand amoureux de l’entreprise) qui sanctionnera en lieu et place de la justice, les patrons n’ont pas trop de soucis à se faire ! Pour les immigrés sans papiers et pour les pauvres contraints de piquer de la nourriture pour manger, par contre, c’est toujours « allez directement en prison, ne passez pas par la case départ, ne touchez pas 20 000 francs », tandis que pour les patrons « les peines d’emprisonnement paraissent en effet disproportionnées et en réalité inefficaces. Elles sont en outre ressenties —à tort ou à raison — comme un risque dissuasif par la plupart de nos partenaires étrangers, investisseurs potentiels ». Autrement dit « exploiteurs de tous les pays, on voudrait surtout pas vous faire de la peine et si vous violez les lois, il y aura toujours un moyen de s’arranger »

Un texte contre la planète et ses habitants
Le texte prévoit l’augmentation des surfaces publicitaires dans les équipements sportifs de plus de 30 000 places et pourront déroger au Code de l’environnement… en attendant l’extension à d’autres lieux jusqu’à rendre ce code obsolète ?

Il favorise la prolifération nucléaire à travers le monde en permettant à L’Autorité de Sûreté Nucléaire de mener des appuis techniques à l’étranger. Qu’est-ce qu’on fera des déchets ? Les déchets ? Quels déchets ?

Il prévoit, non seulement de simplifier et d’accélérer les enquêtes publiques et l’évaluation environnementale de projets afin de faciliter l’autorisation des projets de construction et d’aménagement, mais aussi de rendre plus difficile la destruction d’une construction illégale ou de fixer les modalités de la concertation et de la participation du public en fonction des caractéristiques du projet. Et comme en plus, le droit de l’environnement pourra être modifié par ordonnance, on aura compris qu’ils ont la volonté de multiplier le bétonnage des zones humides, la construction de barrages, routes, tunnels et autres parcs d’attraction tant qu’il restera un mètre carré de terre sauvage dans ce pays.
Ce texte, qui prévoit de « faciliter les relations entre l’administration et les porteurs de projets ayant des incidences sur l’environnement », signifie, en bon français, « on s’arrange entre nous et on va faire taire les empêcheurs d‘exploiter en rond en essayant de les prendre de vitesse. Vous fournissez le béton, nous la flicaille ».
Le gouvernement déroule aussi le tapis rouge pour les patrons la FNSEA qui vont pouvoir multiplier les bagnes industriels pour animaux, la pollution de la terre et des rivières par les pesticides, les OGM, les antibiotiques, les engrais et le lisier. La terreur et l’abattoir pour les uns, la pollution mortelle pour les autres.

Pour parachever cette attaque en règle contre la planète, le Sénat, avec le soutien du gouvernement, a donné le feu vert au projet d’enfouissement de déchets radioactifs de haute activité à vie longue (16 millions d’années quand même pour certains) entre la Meuse et la Haute-Marne (projet Cigeo). Cet amendement 115 à la loi Macron a été voté à toute berzingue, à 5h du mat’, dans un hémicycle quasiment vide. De toute façon, ils s’en foutent : en cas d’accident, on n’ira pas demander des comptes à ce qu’il restera de leurs cadavres (déjà que vivants, il font ce qu’ils veulent) !!!

En son temps, Sarkozy déclarait que l’écologie ça commençait à bien faire. Pour Hollande, c’est pareil… et si t’es pas content, une grenade offensive bien placée t’apprendra à vivre.

En conclusion (provisoire ?)
Le PS continue l’œuvre de l’UMP. Ces gens-là feraient n’importe quoi pour plaire à leurs maîtres, les patrons, afin de prolonger le plus possible le cauchemar capitaliste.

Non seulement cette batterie de textes est un défi à la démocratie (la vraie, hein, celle où c’est le peuple qui décide), mais, et c’est logique, il s’agit d’un projet contre ce même peuple, c’est-à-dire, vous, moi. Voilà pourquoi il était si important de l’imposer par la force (méthode décidément très en vogue chez nos gouvernants de tous poils).
Les indécrottables électeurs, qui croient encore que « leurs élus » (comme ils disent) agissent pour le bien public, feraient bien d’enlever la merde qu’ils ont dans les yeux pour enfin voir cette vérité en face : droite, gauche ou extrême droite, parce qu’ils défendent le même système capitaliste, donc les mêmes règles, ont forcément les mêmes solutions. Or ces solutions nous condamnent toujours plus à une vie misérable au même rythme qu’elles engraissent toujours plus les patrons qui ne voient en tous êtres et toutes choses que ressources à exploiter dans un seul but : s’enrichir ! Et tant pis pour leurs victimes, qu’elles soient humaines ou non, animales ou végétales.

Il n’est pourtant pas trop tard pour réagir. Souvenez-vous, en 2006, la loi « Contrat Première Embauche » avait été votée. Mais elle n’avait jamais été appliquée. Et nous savons tous pourquoi : parce que nous nous sommes donné les moyens de nous y opposer dans la rue, les lycées, les universités et les collèges.

Il s’agit, dans cet arsenal, d’une attaque d’ampleur qui touche à tant de domaines qu’on peut se sentir sonné devant un tel matraquage. Matraquage qui, au nom de la modernisation contribue à nous ramener au 19ème siècle, mais en pire car avec les moyens destructeurs de l’industrie du 21ème siècle. Cette catastrophe écologique et sociale que tentent de mettre en place les maîtres d’aujourd’hui, n’a pour l’instant pas déclenché la riposte nécessaire.
Que l’on se sente concerné par l’écologie, les droits des animaux ou des travailleurs (ces trois domaines n’étant pas incompatibles, bien au contraire), il serait temps de nous serrer les coudes et, en regroupant nos forces, faire comprendre aux banquiers et aux politiciens carriéristes qu’ils n’ont pas tous les droits et qu’on ne veut pas de cette société-là.

Des rassemblements réguliers devant les mairies dans chaque village, ville ou quartier pourraient être un point de départ.