Et j’ai même rencontré le roidec !

Depuis le temps que je le cherchais, j’ai enfin trouvé le roidec ! Le voici en couleur et en exclusivité pour vous, si vous n’avez pas encore eu l’occasion de l’admirer dans le Télégramme de Brest de ce matin.
Que fait-il ? Il peint son gazon en vert.gazon-peint
Une belle idée, non ? C’est qu’à San Diego, comme dans toute la Californie en ce moment, le sol est plus sec qu’un coup de trique… et qu’on n’a pas le droit d’arroser sa pelouse en période de sécheresse.

C’est vrai que l’essentiel dans le gazon, c’est la couleur. N’allez surtout pas croire que le semeur – et surtout le tondeur – de gazon aime l’herbe. Au contraire, il la déteste. Il n’en fait pousser que pour mieux lui interdire de pousser. Là est le plaisir : la maîtriser, la dominer, lui montrer qui est le maître. Le montrer aussi à ses voisins et au monde entier. Un gazon, ça se dresse. C’est quand c’est dressé à point qu’on a plaisir à lui marcher dessus. Tant-pis si on doit y laisser tout son temps libre et emmerder ses voisins avec les bruits de moteur.

Bref, le gazon, ça n’est pas de la nature. C’est de la fausse. Le gazon en plastique et le gazon peint ne font que pousser à l’extrême le bouchon de la logique « gazon ».

Il ne suffit pas que les scientifiques de chez Monsanto et autres grandes firmes de la chimie et des biotechnologies mettent tout en oeuvre pour remplacer le monde naturel par un monde artificiel. Ce serait trop beau ! S’ils étaient seuls à désirer ce monde là, la révolte gronderait aujourd’hui dans chaque village et les jours de ces grands délirants seraient d’ores et déjà comptés. Hélas, il faut aussi que le péquin moyen adhère à l’idée que le faux c’est toujours mieux que le vrai, que le vivant non humain – ce qui pousse tout seul, ce qui se passe de l’humain – est une insulte au « génie » humain.

Dans l’ordre de l’épouvantable, il faut tout de même reconnaître au gazon peint une supériorité majeure sur le gazon en plastique : la peinture va balancer dans le sol et pas plus tard que tout de suite quantité de produits polluants dégueulasses. Ce monsieur qui, de toute évidence, tente ici de battre le record de la stupidité humaine, est surtout en train de tuer tout ce qui vit sous ses pieds.

Monsieur le roidec est-il unique en son genre ? Non, bien sûr. Des tas de californiens s’y sont mis. D’ailleurs, la meurtrière astuce n’est pas nouvelle : elle a déjà été utilisée, par exemple, sur les pelouses de la coupe du monde de football, au Brésil.

C’est ce qu’il y a dans les têtes qu’il faut changer : laissez pousser, que diable !

Par ailleurs, nous ne saurions trop vous conseiller de lire ou relire :
« Un empoisonnement universel » de Fabrice Nicolino
« La violence de l’humanisme » de Patrick Rouget, particulièrement le chapitre sur les écologistes.
et la trilogie de François Terrasson : « La peur de la nature », « La civilisation anti-nature », « En finir avec la nature »