L’élevage bio : une histoire de cercle

Le bio, c’est bien. Certes. Ce n’est pas nous qui vous dirons le contraire !
Ni pesticides ni engrais chimiques et bien d’autres choses encore qui font toute la différence avec cette horreur qu’on appelle avec beaucoup de gentillesse agriculture conventionnelle.

Nous ne le nions pas : « être en bio » suppose d’avoir une éthique et nous connaissons des agriculteurs bio qui sont aussi de vrais militants, réellement engagés pour un autre monde.

Et alors ?
Et alors, nous pensons qu’en ce concerne l’élevage bio, il y a duperie. Ou déni. Ou les deux. Avec évidemment la complicité des clients qui ne demandent qu’à être déculpabilisés.

Voici ce qu’on peut trouver sur le site bien connu dédié à la viande : la viande.fr

CercleVertueuxPropagande

Étudions cela d’un peu plus près.

Tout d’abord, le cercle vert :

L’introduction des plantes dans le « cercle vertueux » est destinée à tromper le lecteur : en effet, en réunissant tous les êtres vivants dans la démonstration (plantes et animaux), on espère donner l’impression d’un cycle NATUREL : or, les plantes n’ont rien à voir dans ce « cercle de l’élevage ».
Certes, les plantes nourrissent les animaux (y compris l’homme) mais c’est le cas EN DEHORS de tout élevage.
Notons au passage qu’ils adhèrent à la croyance que l’homme n’est pas un animal.

Ensuite, le cercle bleu :

« L’homme s’occupe des plantes » nous dit-on.
En fait, les plantes n’ont nul besoin que l’on s’occupe d’elles. Les plantes se passent très bien de nous. Elles l’ont fait jusqu’à l’arrivée (toute récente) de l’homme sur la terre et elles continuent de le faire depuis. Cette vision du monde place l’homme dans une position au mieux de parent, au pire de maître vis à vis des autres habitants de la planète. Le vocabulaire employé est d’ailleurs destiné à donner une impression de gentillesse, de générosité : nourrir, s’occuper de, vertueux…

La vérité c’est que l’homme A BESOIN  de certaines plantes (pour sa nourriture, pour sa médecine, etc).

« L’homme s’occupe des animaux ».
Il donne, en effet, à manger – et un toit – à ses prisonniers. Le patron donne la même chose à ses ouvriers ou employés, sous forme de salaire. Même les pires bourreaux ou exploiteurs l’ont toujours fait : esclavagistes, camps de travail… Sans ce nursering (rions un peu) minimum, il ne pourrait, en effet, y avoir ni victimes ni exploitation.

Le petit cercle « naturel » laisse à penser que chacun s’y retrouve. Or, il n’en est rien : les « conditions de vie » des animaux d’élevage sont effroyables, même en bio, puisqu’elles leur interdisent de mener leur vie normale. La laisse est PLUS longue – souvent beaucoup moins d’ailleurs qu’on ne le croit – c’est tout.

Et, bien sûr, l’homme finit par tuer – le plus souvent à un très jeune âge – les animaux dont il « s’occupe ».

À noter une autre astuce de langage destinée à faire croire au péquin inattentif que ce cercle est tout ce qu’il y a de naturel : l’utilisation du mot « homme », associant dans les mêmes pratiques et au nom des mêmes intérêts toute l’humanité, là où il faudrait dire « éleveur ». En fait, l’humain peut tout à fait vivre sans « s’occuper » des animaux (lire « des autres animaux », puisque l’homme est un animal). Pas l’éleveur…

Pour finir, le cercle rouge :

« L’animal nourrit l’homme avec sa viande ».

Au fait, de quels animaux s’agit-il ?
Nous ne mangeons pas les limaces… qui pourtant mangent des plantes.
Il y a des tas d’animaux que nous ne mangeons jamais, pour des raisons culturelles (la liste variant suivant les pays).
Mais foin de trop de précisions car il fallait faire passer les messages suivant :
L’homme est fondamentalement différent des autres animaux.
Son destin est d’être leur éleveur.
Leur destin est d’être mangés par nous.

« L’animal nourrit la terre avec sa fumure »

Là encore, une pratique humaine est présentée ici comme loi de la nature. Or – à l’échelle de l’histoire de la Terre – l’agriculture existe depuis très peu de temps.
Pour le reste, un peu de caca ici ou là ne peut pas faire de mal à la terre, à condition qu’il ne soit pas gorgé de produits chimiques. Mais ce, quelle que soit l’espèce qui l’a déposé.
Alors pourquoi pas des élevages d’hommes pour leur fumure ? À noter que certains agriculteurs se passent tout à fait d’apports animaux, y compris de fumure.
Heureusement, nous savons tous que, pour accomplir la « noble tâche » qu’est la défécation, on n’est pas obligé d’être emprisonné puis de mourir précocement dans d’atroces souffrances.

Par quoi  remplacer le schéma découvert sur viande.fr  ?

Nous vous proposons le même, mais revu et corrigé :

CercleVertueuxrealite

Nous ajouterons que tout, dans ce « cercle vertueux », laisse à penser que les autres espèces animales existent pour l’Homme. Comme le dit si bien Alice Walker, militante de toutes les libertés « Les animaux du monde existent pour des raisons qui leur sont propres. Ils n’ont pas été faits pour les humains, pas plus que les noirs n’ont été faits pour les blancs ou les femmes pour les hommes. »