Charlie souffre

Nous sommes entrés dans « l’après ».
Et l’on parle moins de Charlie.

Pourtant, Charlie souffre toujours.

Familles et amis des assassinés ne sont encore que dans la première phase du deuil : celle où l’on n’y croit pas vraiment. Celle du déni. Celle où la personne perdue vous habite plus que jamais, où il vous est nécessaire de lui parler à chaque seconde, celle où elle ne vous a jamais été plus proche.

Oui, Charlie souffre. À l’hôpital, les blessés graves se battent pour retrouver le corps où ils bougeaient librement, où ils étaient si bien sans même le savoir, leur corps d’avant.

Rien n’est fini.

Tristesse, colère et même toi, Madame la haine, nous vous accueillons à regret mais sans réticence, comme des compagnes inévitables avec qui, bon gré mal gré, il va falloir faire un bout de chemin.
Jusqu’à ce qu’un jour, nous puissions dire : « Charlie va mieux. »

Mais même alors, ce sera encore et toujours
Ni oubli ni pardon.

Sous l’appellation de « Charlie », nous incluons toutes les victimes de ces jours sombres, qu’elles aient été tuées ou blessées dans la rue, au journal ou à l’épicerie.