Archives pour la catégorie Luttes en cours

Linky et ses frères

Ce type là vient de gagner un concours. Il est l’auteur d’un logiciel dont il est très fier et qui permet – en temps réel – de savoir dans quel wagon de quel train de banlieue on trouvera une place assise, à une heure déterminée. C’est un truc pour les franciliens. Ça s’appelle « Tranquiliens » : si on leur dit, des heures à l’avance, que le train de 18 heures 18 sera bondé, ils décideront de prendre celui de 18 heures 25 où il y aura deux places assises de libre voiture 4. Car des milliards de données sont stockées quelque part qui disent, train après train, depuis des années, combien il y a de personnes dans chaque wagon, pour chaque horaire et pour chaque ligne. Et tout ça permet d’affirmer – dit notre lauréat – qu’il y aura deux places assises de libre voiture 4, à 18 heures 25.
Ça vous la coupe, hein ?

La SNCF avait engrangé toutes ces informations au fil du temps et n’en faisait rien. Qué pitié ! Mais elle les gardait, au cas où. Recouper et analyser de milliards de données, ça peut servir un jour, oh combien !

Ce type là est interviewé. Dans un bistrot, le nez dans le smartphone, il explique que son portable sait qu’il a un rendez-vous dans une demi-heure à l’autre bout de la ville et que, d’ici quelques minutes, ce portable « intelligent » lui enverra un message lui demandant s’il compte y aller en taxi ou en métro. S’il choisit le taxi, le portable bookera (comme on dit en franglais) le taxi pour lui. « Sans que j’ai rien à faire ! » et son sourire reflète le bonheur parfait.
Il s’exalte : « Ce n’est qu’un début ! Demain, je veux que ce portable soit connecté à tous les objets du quotidien… qu’il devienne un véritable compagnon… »

Mais le portable n’est-il pas déjà – pour un nombre considérable de gens – le compagnon favori de leur vie ? Un intime qu’ils posent sur leurs genoux pendant les repas et qu’ils tripotent à longueur de jour…

Voilà donc le paradis auquel rêve notre lauréat : un monde ou il n’aura plus rien à faire, un monde où sa prothèse miniature, où sa béquille connectée (comprenez : son téléphone portable) saura tout mieux que lui et décidera de tout à sa place. Sans erreur possible. Finie l’incertitude ! Ah pouvoir se réveiller chaque matin avec devant soi une journée parfaite en vue, sans le moindre couac !
« La meilleure des journées possible ».

Je ricane tout à coup dans mon absence de barbe. Penser que les humains, qui ont asservi la planète entière au nom de la prétendue supériorité de leur intelligence, puissent aujourd’hui déclarer forfait devant la machine ! Le moindre téléphone est plus smart qu’eux (si vous avez besoin d’un dictionnaire pour traduire smart, c’est que vous n’avez déjà plus votre place dans cette société). Depuis tant de siècles que l’Homme renie son appartenance au règne animal (trop de pulsions, trop d’émotions, trop de subjectivité, trop de sensualité, trop de vie), le voilà aujourd’hui qui se veut machine et pourquoi pas pucé et bientôt augmenté ? À ce stade, la coupure d’avec la nature sera complète.

Mais la dépression me guette et me fait dérailler car nous sommes, j’en suis sûre, des millions à voir dans le rêve de notre pitoyable lauréat le plus terrible des cauchemars. Derrière ces logiciels mortifères, il y a surtout des technocrates à qui autrefois on aurait passé la camisole, des start up avides d’amasser du pognon aux dépens de notre liberté, des États qui rêvent d’un contrôle total – et tacitement accepté – des populations et que ces objets connectés mouchards arrangent bien.

C’est dans ce contexte que débarquent en France les compteurs communicants. Vous connaissez sans doute au moins le mot « Linky ».1 Non ? Alors, j’explique : d’ici 2021, la France a l’intention de remplacer tous les compteurs d’électricité, de gaz et d’eau par d’autres compteurs dits « intelligents » parce qu’ils peuvent être connectés à votre ordinateur et qu’ils sont connectés à ceux d’ErDF, de GrDF et des différentes compagnies distributrices d’eau et que, du même coup, des tas d’informations circulent dans les deux sens, ce qui permet de savoir plein de choses sur vos activités quotidiennes : à quelle heure vous êtes rentrés tel jour chez vous, à quelle heure vous avez allumé le chauffage, à quelle heure vous avez pris votre douche, de quelle date à quelle date vous vous êtes absentés pour cause de vacances et j’en passe…

Y aurait-il une bribe d’once de début de réveil en France de la part des obscurs, des petits, des sans-grade, des technologisés de force ? Le cerveau baignant encore dans l’écran, le portable adoré (le doudou qui rassure) encore bien calé au creux de la main, les voilà qui se lèvent et qui disent : « On ne veut pas de mouchard à la maison ! », « On ne veut plus de vos saloperies d’ondes électro-magnétiques ! »2, « Nos anciens compteurs marchent très bien ! », « On n’a pas besoin des nouveaux compteurs ! ».
Une petite phrase toute simple comme « On n’a pas besoin des nouveaux compteurs ! », on n’a pas idée comme ça peut être anticapitaliste.

Depuis décembre dernier, des collectifs d’opposants ont fleuri un peu partout au plein coeur de l’hiver et il y en a de plus en plus. À ce jour, des milliers de gens et 84 municipalités ont déjà refusé l’installation des nouveaux compteurs.

C’est vrai : de très nombreux opposants ont un téléphone portable et sont sur Facebook et sont donc archi tracés, et avec leur consentement, en plus ! Il faudra bien que ces contradictions soient mises à plat. Il faudra bien que la collaboration à notre propre esclavage soit dénoncée. Il faudra bien qu’on change nos manières de vivre.
En attendant, peut-être Linky et ses frères sont-ils la fameuse goutte d’eau qui fait déborder le vase. Qui sait par quel petit bout de la lorgnette se font les grandes prises de conscience ? Qui sait comment nous viennent les révoltes décisives ?

Refuser ces nouveaux compteurs, c’est un acte très politique et ça veut dire BASTA.

1 : Linky, c’est le petit nom gentil donné par ErDF à son nouveau compteur électrique.
2 : Comme toutes ces données voyagent par les ondes, les compteurs communicants intensifieraient le brouillard électro-magnétique ambiant.

Pour en savoir plus sur les compteurs communicants, n’hésitez pas à visiter les sites suivants :
le site de Pièces et main d’oeuvre : ils viennent de mettre en ligne un excellent modèle de lettre de refus
le site de Stéphane Lhomme, membre du conseil municipal de Saint Macaire, 1er conseil municipal à avoir dit NON
le site de l’association Robin des Toits
le site du CRIIREM
le site de Stop Linky non merci, site regroupant tous les collectifs anti Linky de France

Manif à « Landi » le 14 novembre !

Les différents collectifs qui luttent en Bretagne qui contre un élevage industriel, qui contre la construction d’un aéroport, une centrale à gaz etc etc ont décidé de se grouper.

Ça donnera, pour commencer…

UNE GRANDE MANIFESTATION À LANDIVISIAU

LE SAMEDI 14 NOVEMBRE 2015

(DÉPART À 13 HEURES 30 PLACE DU CHAMP DE FOIRE)

On y verra notamment « Douar didoull » (« terre sans trous » en Breton) qui lutte contre les divers projets de forages en Finistère et en Côtes d’Armor, les groupes d’opposition à la construction d’une centrale à gaz en plein coeur de Landivisiau et à proximité d’écoles et de maisons de retraite et bien d’autres.
« Notre-Dame-des-Landes » sera là aussi.
Et, nous l’espérons, d’autres gens en lutte, venus de toute la France !
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Grève de la faim pour fermer l’élevage de singes pour les labos

Lettre ouverte des grévistes à l’attention de Monsieur le Président de la République, François Hollande

Monsieur le Président,
Nous vous informons qu’à compter du samedi 16 mai 2015, deux personnes sont en grève de la faim pour revendiquer la fermeture du centre de primatologie de Fort Foch à Niederhausbergen, près de Strasbourg. Les singes en provenance d’Asie et de l’île Maurice sont revendus aux laboratoires de vivisection et doubleraient en quantité suite à l’autorisation d’extension du centre accordée par le préfet du Bas-Rhin. Nous désapprouvons totalement cette décision irresponsable favorisant l’import-export de singes car l’expérimentation animale est en recul grâce aux méthodes scientifiques substitutives qui sont sans cruauté, plus fiables pour la santé humaine et beaucoup moins coûteuses. Cette extension doit être annulée immédiatement et Fort Foch doit donc fermer. Suite→

Manifestation contre un élevage de cochons en Vendée

La construction d’une ferme-usine de cochons est en projet sur la commune de Poiroux en Vendée. Elle prévoit d’enfermer 900 truies et de faire naître 23 000 porcelets par an. Un collectif s’est constitué afin de contrer ce projet lugubre. Une manifestation a eu lieu le samedi 4 avril 2015 aux Sables-d’Olonne pour demander la suspension des travaux.
Plus d’infos sur la vie des cochons : http://www.l214.com/cochons
Galerie photos : http://animaux.l214.com/manifestation…

Un nouveau film militant sur Sivens : «  La lutte contre le barrage de Sivens et la nécessité de désobéir ».

Dans une société soit-disant démocratique, des élu-e-s utilisent l’argent public sans concertation pour des projets qui s’avèrent parfois illégaux et surtout contradictoires avec la protection de l’environnement, sous la pression des entreprises privées et d’un modèle agricole intensif.
Ce film dénonce la violente répression policière qu’utilise l’Etat pour faire taire une contestation légitime qui elle de son côté use et usera de l’occupation de terrain comme un moyen fort de résister à ces projets inutiles et nuisibles et à ce monde toujours plus productiviste et destructeur.
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Salon de l’agriculture : Le petit garçon et la tête du mouton mort

Nous étions là quelques dizaines, ce 26 février 2015, avec nos tracts, nos panneaux, notre banderole et notre table de banquet, à l’entrée du salon de l’agriculture. Une bien étrange et bien triste table de banquet : y trônaient, au milieu de salades et de carottes, quelques têtes d’animaux morts à l’abattoir. Vache. Cochon. Moutons.
Autour de nous, c’était l’agitation permanente, les coups de sifflets régulant l’arrivée des nombreux (si nombreux !) visiteurs de ce salon du mensonge. Les sifflets, la police, le bruit des voitures et des bus. La grande ville si loin des réalités de l’élevage. Et puis le crachin et, en boucle, les cris des animaux assassinés dans les abattoirs.
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Manifestation à la Courtine contre l’élevage industriel dit « des 1000 veaux »

contre un projet de « centre d’engraissement » de 1 400 veaux par an, porté par un collectif d’éleveurs : la SAS Alliance Millevaches, sur la commune de St Martial Le Vieux, dans la Creuse.

Ce projet pourrait être subventionné à hauteur de 625 000 euros par l’Etat.

Le Groupe Les Mousquetaires Intermarché, via sa filiale viande, Jean Rozé, serait l’unique client du centre d’engraissement.

L’enfer de la prison et la mort à 7 mois, avec ou sans « étourdissement », c’est
NON NON NON !

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SCEA Ker Anna, une prison en Trébrivan

Trébrivan. Une commune des Côtes d’Armor. Village de Ker Anna.
En 2008, quatre éleveurs de porcs s’associent dans le projet d’ouvrir ce qu’ils appellent joliment une « maternité porcine ». Imaginez une sorte de camp de travail où chacune des truies qui y est enfermée doit mettre au monde tous les ans une vingtaine de porcelets. Ce qui fait, en l’occurrence, environ 23.000 porcelets par an. Ah oui, tout de même !

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